En quête de sens

Tomber nez à nez avec soi ! Pas d’esquive rotative envisageable. Rien. Enfin si, évidemment, je l’ai tentée l’esquive (penses-tu), bien huilée, mais l’Univers m’a ri au nez en me chuchotant « bien essayé ma fille, mais maintenant, c’est toi et toi ». Toi et toi, sans faux semblant, sans make up, sans paillette, non, juste toi et toi.

« Mais qui es-tu ? Que veux-tu ? »

Non, pas elle, pas celle-là non, pas cette Fama que la société a fabriquée de toutes pièces pour qu’elle fit (du verbe to fit) à ses attentes, à ses catégories, à ses boî-boîtes. Oui-oui, elle est gonflée la société avec ses attentes et compagnie. Et par société, j’entends tout le monde. Par société, j’entends parents, frères, enseignants, amis, collègues, voisins, inconnus, bref, tout le monde. Tout le monde sauf moi. Tout le monde sait qui tu dois être, ce que tu dois faire, ce qu’il te faut, ce qu’il faut.

Tu comprends, la liste des « il faut » est longue. Il faut faire des études, pi c’est mieux si elles sont longues si tu ne veux pas échouer et difficilement boucler les fins de mois. Puis il faut trouver un super job, pour ne pas pâlir quand le gimmick « tu fais quoi dans la vie ? » colle aux derrière (pour ne pas dire colle au c*l). Ah oui, et c’est quand même mieux de travailler dans certains domaines bien définis, hein, histoire de ne pas contribuer aux stats alarmistes du chômage et de faire partie des boulets de la société. Tu comprends, il faut être quelqu’un, il est urgent d’être quelqu’un, on s’intéressera plus tard à ton bonheur, pour ne pas dire que l’on s’en fout, de ton bonheur.

Ah et il ne faut surtout pas être célibataire, oui-oui la liste des « il ne faut pas » n’a absolument rien à envier à la première liste. « Pardon ? Tu es seule ? Comment ça seule ?Mais attends, t’as pensé à trouver quelqu’un ? ». J’ai toujours rêvé de foutre une sacrée torgnole dans la gu*ule de celles et ceux qui pensaient me soumettre ce genre d’idée du siècle dans mes moments de célibat. « Non, c’est con, mais je n’ai jamais ô grand jamais pensé à trouver quelqu’un non, j’pensais plutôt trouver un chat et vieillir avec lui, tu comprends ? Un chat, c’est bien aussi tu sais ? Non ? Comment ça, non ? ». Mal à l’aise avec la politique du « mieux vaut être mal accompagnée que seule », la société a souvent clamé haut et fort « il te faut quelqu’un » se souciant peu ou prou de mon état intérieur, de mes envies, des mes besoins, de mes projets. Dois-je mentionner le récurrent « non mais moi je sais Fama ! Tu fais peur aux hommes, ton profil fait peur aux hommes, attends tu es beaucoup trop indépendante, tu voyages trop, c’est trop, il faudrait les leurrer, redescendre ton mode de vie, tu vas voir, ça les rassurera, ils seront plus à l’aise ». OK, non, je n’aurais pas du le mentionner.

D’une certaine façon, la société met son veto quand, à travers tes choix, elle projette ses angoisses les plus fortes, les plus profondes en toi. À ce moment précis tu deviens l’homme à abattre ou l’homme à convaincre. Et c’est peu de dire qu’elle est affreusement névrosée la société. Et puis, c’est tellement mieux de balayer devant la porte du voisin, tu comprends.

Quand tu trouves quelqu’un, à présent, c’est son statut social à lui qui entre en ligne de compte, si ce n’est sa religion, ou ses origines « mais attends, t’as pas fait tout ça pour ça, si ? ». Ah pi, « être différente ? Mais enfin, pourquoi faire ? Quelle idée saugrenue ! Tu veux faire ton intéressante ? Tu ne peux pas faire comme tout le monde ? ».

Très vite, la société viendra s’intéresser à ton couple, à vos projets, on guettera la bague, le baby bump, un emménagement,quelque chose. « Ben, oui !!! Non mais attends, vous n’allez quand même pas rester comme ça ?? Tu n’es plus toute jeune tu sais ? Tu veux des enfants, on est bien d’accord ? »

Avant de te mettre en couple, tu auras été pressée comme un citron vert pour être propriétaire, ben non mais nous ne sommes quand même pas venus sur terre pour ne pas jouir de biens immobiliers.

Les étiquettes, la check list. Et ce n’est pas très grave si l’authenticité du sujet est aux abonnées absentes, que le sujet est outrageusement superficiel, que tu n’es qu’approximativement heureuse bien que, en première de la classe, la check list soit plutôt bien checkée. Lourdeur ! La lourdeur de société !!

Le diktat, la société, le game, d’la m*rde ! C’est révoltant. C’est rageant. La société, aujourd’hui, je l’envoie au diable (pour ne pas dire que je la vomis). Ma tolérance à son égard est nullissime, voire à découvert. Ouais, j’crois bien que ma tolérance est à découvert, ouais, j’suis furieuse, j’suis en colère, c’est terrible.

À quelle heure la société te presse pour que tu sois toi ? Pour que tu sois heureux ? Pour que tu sois connecté à toi même, en route pour ta mission pour laquelle tu es venu au monde ?

 » Donc ouais, tu disais ? Qui je suis ? Ce que je veux ? Mais enfin, qu’en sais-je ? Enfin, si, j’ai fait du chemin depuis mars 2016 (je vous raconterai cette histoire à l’occasion), mais je ne sais pas encore parfaitement répondre à cette interrogation non ! ». Controverse dans ma tête, Bagdad sous les bombes est nettement moins poussiéreux. Là, tu vois, , j’ai senti que je prenais perpet’. Là, j’ai posé un genou à terre et ouais ! Je me suis demandé si je me relèverais ouais. De nature solitaire, j’avais cruellement besoin d’être davantage seule. Besoin d’être seule ? Ou peut-être éprouvais-je une incapacité d’être confrontée à la société, elle me donnait la gerbe (pour ne pas redire qu’en réalité, je la vomissais, oui, je la vomissais déjà la société). Je la rejetais violemment, au diable, je n’en voulais plus, je ne pouvais juste plus la blairer. J’avais besoin de m’isoler, je n’acceptais auprès de moi que les très proches dont je ne craignais le jugement, ces proches dont l’amour est solide et inconditionnel.

C’est ainsi que je me suis rendue compte que la société, effrontée à souhait exige on top que tu sois fort. La société éprouve un dégoût certain pour tout ce qui peut s’apparenter à de la faiblesse. Sois forte et tais-toi (sois forte ou tais-toi, ça marche aussi), ou marche ou crève, au choix ! Combien de fois ai-je lu ou entendu « toi ? Fama ? Tu ne vas pas bien ? » ? Absolument insupportable, à quel moment suis-je devenue un robot ? Non, je ne suis pas un roc, je ne suis qu’un être humain. Oui, je me bats, je muscle mon jeu, mais je ne suis ni parfaite, ni un surhomme.

« Mais qui es-tu ? Que veux-tu ? » Deux petites questions, toutes mignonnes avec leur faux air de simplicité et de candeur. Que nenni. Exercice sérieusement périlleux. Faire le distingo entre celle que tu es, ton essence, ton ADN, tes rêves et celle qui n’est qu’un pur produit de la société, de tout ce qui l’entoure. L’amalgame est courant, il est tentant aussi, avouons-le. Vous avez déjà essayé vous ? De répondre à ces questions ?

Après quelques jours de réflexion très fructueux (je me languis de vous raconter), je me souviens avoir débarqué chez ma coach, ma magicienne, ponctuant le début de notre séance par un légendaire « Je sais !!! Je suis margéniale ! » que je n’oublierai jamais. Vous me suivez ?

Non mais oui !!! C’est exactement ça, je suis margéniale !!

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